Elections européennes 2014 : résultats et commentaires Réseau CiViQ

Publié le par Michel Sorin

Un responsable départemental PS : retrouver la proximité avec les milieux populaires

 

Hier soir, c’était le commentaire à chaud de l’évènement : aux élections européennes françaises, la victoire du Front National. Ce 26 mai, nous avons les résultats complets des Européennes 2014, publiés sur le site du ministère de l’intérieur.

 

Nombre

% Inscrits

% Votants

Inscrits

46 555 253

 

 

Abstentions

26 802 113

57,57

 

Votants

19 753 140

42,43

 

Blancs

548 554

1,18

2,78

Nuls

248 950

0,53

1,26

Exprimés

18 955 636

40,72

95,96

Nuances de listes

Voix

% Exprimés

Sièges

Listes Extrême gauche

303 561

1,60

0

Listes Front de Gauche

1 200 389

6,33

3

Listes Union de la Gauche (PS-PRG)

2 649 202

13,98

13

Listes Divers gauche

602 384

3,18

1

Listes Europe-Ecologie-Les Verts

1 695 914

8,95

6

Listes Divers

831 767

4,39

0

Listes Union du Centre

1 883 051

9,93

7

Listes Union pour un Mouvement Populaire

3 942 766

20,80

20

Listes Divers droite

1 133 919

5,98

0

Listes Front National

4 711 339

24,85

24

Listes Extrême droite

1 344

0,01

0

Alain Gély a effectué des calculs afin de présenter ces résultats à partir des inscrits d’une part,  et de tenter de savoir ce qu’est devenu le vote NON de 2005.

En % des inscrits, ce qui est le plus significatif, les abstentions atteignent presque 60% si on y ajoute les votes blancs et nuls comme il se doit.

Toujours par rapport aux inscrits, et en arrondissant, les % des principales listes sont alors de 10 % pour le FN, 8% pour l'UMP, 6% pour le PS, 4% pour le centre et les Verts 3% pour le Front de gauche etc.

Le total droite (centre compris) est d'environ 24 % et le total gauche (y compris Les Verts) de 13% soit à peu près deux tiers - un tiers en % des exprimés, si cela a une signification ici.

Si on essaie de reconstituer le vote au traité constitutionnel de 2005, les groupements politiques « européistes » auraient cette année 24 % et les « Nonistes » 16%. Le FN a donc capté une grande partie du Non, tout du moins parmi ceux qui ne se sont pas abstenus et qui sont majoritaires, et largement. Il y avait eu, environ, 55% de Non sur 70% de votants, et 2% de blancs et nuls, soit à peu près 37% de Non et 31% de Oui parmi les inscrits. La déperdition serait de 7 points pour les Oui et de 21 points pour les Non ! Certes, il s'agit d'élections fort différentes mais l'échec des « Nonistes » de gauche apparaît patent.

Serge Maupouet, pour sa part, a constaté que j’avais centré ma réflexion sur l’évolution du PS (Voir Elections européennes 2014 : magistrale leçon politique aux dirigeants). Lui-même s’est interrogé sur la stratégie du Front de Gauche.

Le Front de gauche ne progresse pas aux élections européennes en France, quelque soit la qualité de son militantisme : ce n'est pas une surprise. Un des enseignements de ce soir est que la stratégie FdG concernant l'Union européenne est aussi dans l'impasse. Il ne fallait pas être grand devin pour le prédire, et ce dès 2009.

Considérer que l'Union européenne serait LE bon niveau pour renverser le rapport des forces en faveur du travail, considérer que la conquête (mais quand ?) de la majorité du Parlement européen permettrait une réorientation sur l'essentiel, était et reste une erreur fondamentale d'analyse. D'ailleurs, nos concitoyens ne partagent pas une telle analyse : les listes qui portent cette vision n'attirent pas massivement les suffrages - pas plus aujourd'hui qu'hier - alors même que l'implantation militante des forces du FdG, et la qualité même de leurs militants, laisseraient à supposer d'autres résultats. La preuve par l'exemple à nouveau ce soir.

Pourtant, nombre de nos concitoyens souhaitent une réorientation en profondeur de l'Union européenne - une réorientation en faveur des peuples -, mais ils ont désormais bien intégré le fait que le système des institutions de l'Union européenne paraît consciencieusement verrouillé dans son orientation néo-libérale, sauf à ce qu'une secousse majeure (reste à savoir laquelle ?) ne puisse venir le bouleverser. Par conséquent, la réorientation souhaitée ne leur paraît pas évidemment procéder d'une simple victoire électorale de la gauche à gauche du PS aux élections européennes ; une telle réorientation ne leur paraît pouvoir procéder que de changements beaucoup plus importants et produits ailleurs qu'au parlement européen.

En outre, nombre de nos concitoyens qui souhaitent une réorientation en profondeur de l'Union européenne refusent à l'évidence l'affaiblissement de la Nation politique. Ils ne sont pas des "croyants" en l'Union européenne - avertis sinon même, échaudés par l'expérience ! -, et par conséquent, au contraire, ils souhaitent que l'Etat républicain joue pleinement son rôle, et que la Nation soit souveraine. Le retour à la confiance du peuple en lui-même et en ceux qui ont la charge de l'exécutif découle naturellement de la prise en compte de ces deux exigences populaires. 

Aussi, demain comme hier, toute réorientation politique majeure ne peut procéder que d'une majorité acquise dans la Nation politique par excellence qu'est la France.

Rien de ceci n'est une découverte; JL Mélenchon aura, par la poursuite d'une utopie, fait perdre au moins du temps et des occasions aux républicains de gauche et aux socialistes républicains. Mais, il n'est pas interdit de penser qu'un retour aux réalités soit possible. C'est même à souhaiter car les enjeux démocratiques qui en découlent sont d'extrême importance. La reconnaissance de la validité des fondamentaux de l'analyse chevènementiste, spécialement concernant la Nation républicaine, clef de voûte de la démocratie, serait un élément primordial d'une prise de conscience.

Le PS "homme malade de la gauche européenne", le FdG dans l'impasse ... Le logiciel républicain reste bien la boussole possible. L'enjeu est de le faire porter par des acteurs de terrain, aussi nombreux que possible. Des situations politiques peuvent se rétablir en posant de bons diagnostics et en établissant des stratégies en cohérence avec les fondamentaux: la gauche peut se redresser en renouant avec ces derniers. Y est-elle (enfin) prête ?

A noter, les commentaires personnels du responsable départemental PS de Charente-Maritime, après les élections européennes. Voir Mickaël VALLET

Et le blog de Derek Carvalho, 26 mai 2014 : Européennes : le Front de gauche a trop retenu ses coups

Cet article est le 109ème paru sur le blog CiViQ et le 20ème dans la catégorie Europe Continent 

Publicité
Serge Maupouet, ici à Surgères (Charente-Maritime), le 8 juin 2011, au côté de Michel Sorin (conférence sur l'agriculture et l'alimentation)

Serge Maupouet, ici à Surgères (Charente-Maritime), le 8 juin 2011, au côté de Michel Sorin (conférence sur l'agriculture et l'alimentation)

Publié dans Europe Continent

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article