Elections européennes : le peuple français vote de moins en moins
La démocratie européenne est fondée sur une illusion : il n’y a pas de peuple européen et la démocratie ne peut être que virtuelle. Ce sont les juges du Tribunal constitutionnel fédéral allemand de Karlsruhe qui ont rappelé cette vérité que beaucoup ne veulent pas entendre.
Il y a une autre raison à cela : l’Europe est marquée par un excès de consanguinité entre les milieux d’affaires capitalistes et les dirigeants politiques. Ce n’est pas viable et le peuple le sait. C’est pourquoi il se détourne de plus en plus des urnes à l’occasion des élections européennes.
D’autant plus que le vote négatif du peuple français, lors du référendum le 29 mai 2005 pour la ratification du traité constitutionnel européen, a été boycotté par les dirigeants politiques, Sarkozy et Hollande en tête, qui ont cru bon de remplacer le résultat du référendum par un vote favorable des parlementaires en 2008. Leur photo ensemble sur la couverture de Paris Match était le signe de leur connivence pour dompter le peuple qui avait mal voté. Celui-ci se venge en refusant de voter pour élire ses représentants dans un parlement qui n’aura pas le pouvoir de changer la politique européenne.
Et l’on s’étonne de voir monter la contestation ! Voir l’Express, 7 mai 2014 : Elections européennes: un nouveau sondage donne le FN en tête
Des Français peu au fait de la politique européenne
Selon le sondage, 49% des Français admettent ignorer quelle est l'orientation politique majoritaire du Parlement européen. 35% seulement des sondés savent qu'elle est de droite, 15% croient qu'elle est de gauche et 49% disent qu'ils ne le savent pas (1% ne se prononcent pas). Informés du fait que la majorité du Parlement est à droite, 40% des sondés pensent que la politique européenne ne changerait "probablement pas" si cette majorité passait à gauche. 21% pensent qu'elle ne changerait "certainement pas", quand 29% jugent qu'elle changerait "probablement" (et 8% "certainement").
Les listes Front National arrivent en tête des intentions de vote, avec 22%, devant celles de l'UMP (21%) et du PS (17%) dans un sondage Harris interactive.
On voudrait croire à l’affirmation de Françoise Castex, députée sortante « Le changement, cela passera par le parlement européen » (Rue89, Pascal Riché, 3 mai 2014). L’eurodéputée sortante Françoise Castex est passée du PS à Nouvelle donne. Elle estime que le Parlement européen prend conscience de son pouvoir et fait le pari qu’il va réorienter l’Union européenne.
Ce n’est pas le point de vue du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC), qui appelle au boycott du scrutin. Voir cet article sur le site de Marianne, paru le 7 mai 2014 : Appel du MRC à l’abstention: «C’est un non républicain de résistance»
Marianne : Prôner l’abstention, ce n’est pas très républicain…
Jean-Luc Laurent : Il y a plusieurs formes d’expression dans une élection, ici c’est un non républicain de résistance. Nous avons estimé qu’il n’y avait pas un intérêt suffisant à se présenter car cette élection dérisoire ne peut pas apporter les réponses qu’attendent le peuple français et les peuples européens. Elle a pour but d’élire un Parlement fantôme qui n’a pas le pouvoir de changer l’Europe, c’est-à-dire de mettre fin à l’austérité, à la Banque centrale européenne indépendante, à l’organisation de la mutation de l’euro — d’une monnaie unique à une monnaie commune — et de mettre en place un nouveau traité. C’est un Parlement sans pouvoir et sans peuple. Il faut passer à autre chose, une réorientation radicale de la construction européenne. Qui doit avoir l’élection présidentielle comme point d’appui, pas l’élection européenne. L’Europe repose d’abord sur la volonté des nations. C’est donc un appel à une abstention pour une autre Europe (…).
Pour info : Élections européennes de 2014 (Wikipédia)
Elections européennes 2014 : les candidats français (Toute l’Europe)
Les élections européennes 2014, Dossiers (Les Echos, 7 mai 2014)
Cet article est le 94ème paru sur le blog CiViQ et le 14ème dans la catégorie Europe Continent
