Les producteurs laitiers européens craignent le Marché transatlantique
Avant les élections européennes, qui se déroulent entre le 22 et le 25 mai, selon les pays membres de l’UE, l’European Milk Board: EMB* a tenu, dans un communiqué de presse publié ce 22 mai 2014, à alerter les candidats sur les responsabilités des élus au Parlement européen au sujet des négociations de libre-échange engagées entre l’Union européenne et les USA.
*L’European Milk Board est une association représentative des intérêts des producteurs laitiers en Europe. Cette association a des membres dans 14 pays européens (dont la France - l’OPL, affiliée à la Coordination rurale, et l’Apli - et représente ainsi environ 100 000 producteurs laitiers. Nous défendons pour toutes les régions d’Europe une production laitière durable porteuse d’avenir qui permette aux éleveurs de vivre décemment de leur travail. Ce que seul peut garantir un prix du lait qui couvre les frais moyens de la production. Voir Les revendications de l’European Milk Board
Les producteurs de lait européens exigent un arrêt des négociations.
Bruxelles, « L’European Milk Board (EMB) suit, avec grande inquiétude, les négociations en vue de l’établissement d’un partenariat transatlantique de commerce et d’investissement. Cet accord menace sérieusement les acquis sociaux, écologiques et économiques de l’Union européenne », affirme le président (allemand) de l’EMB, Romuald Schaber, dans son résumé de la position des producteurs de lait européens. Et il ajoute : « Par conséquent, nous exigeons que les négociations soient immédiatement interrompues ». Une alimentation saine, sûre et pérenne ne peut être livrée à la curée. Et c’est pourtant exactement ce qu’il adviendra si les denrées alimentaires entrent dans le champ de négociation de l’accord transatlantique de libre-échange !
Pour le secteur agricole, nous sommes en droit de craindre qu’une part considérable de la production soit relocalisée en dehors de l’UE et que la production intérieure se trouve concentrée en quelques sites. Une autre répercussion problématique de ce partenariat serait la concurrence déloyale qui naîtrait de l’abaissement à craindre des normes de sécurité et de production. Par ailleurs, nous redoutons une augmentation substantielle du nombre de denrées alimentaires aux effets inquiétants pour la santé qui parviendraient à se frayer un chemin dans les rayons de nos supermarchés. Au risque de perdre la confiance des consommateurs de produits carnés et produits laitiers.
Les vives protestations émanant de tous les secteurs de la société démontrent que les inquiétudes autour de l’accord transatlantique de libre-échange sont justifiées. Le seul fait que ces pourparlers soient menés à l’écart du grand public est inacceptable. De tels accords requièrent une transparence absolue et une participation démocratique dans l’élaboration des prises de position.
Feu vert naïf aux négociations de l’accord transatlantique de libre-échange
Dans une résolution adoptée l’an dernier, le Parlement européen a naïvement donné son feu vert à des négociations entre l’UE et les Etats-Unis. Cette résolution du Parlement européen peut être consultée à la page : http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?pubRef=-//EP//TEXT+TA+P7-TA-2013-0227+0+DOC+XML+V0//FR
Une grande majorité d’eurodéputés, à savoir 460 sur 593 élus, a soutenu la résolution. « Le Parlement européen porte ainsi une grande part de responsabilité dans les pourparlers en cours concernant cet accord transatlantique de commerce et d’investissement, qui suscite un tel tollé dans la population », estime Romuald Schaber.
A la page http://www.votewatch.eu/en/eu-trade-and-investment-agreement-negotiations-with-the-us-motion-for-resolution-vote-resolution-as-.html, vous découvrirez comment chaque eurodéputé s’est positionné lors du vote sur cet accord de libre-échange. Les eurodéputés ne participent, au fait, pas aux négociations. « Nous, membres de l’EMB, appelons l’ensemble de nos concitoyens à continuer d’exercer des pressions afin que nos élus reprennent l’initiative sur de tels accords. En leur qualité de représentants des citoyens et citoyennes européens, nos élus doivent veiller à éviter qu’un quelconque préjudice soit porté à la société européenne », conclut Romuald Schaber.
Cet article est le 105ème paru sur le blog CiViQ et le 15ème dans la catégorie Agriculture Alimentation
