Réforme territoriale : la carte avec 13 régions adoptée par les députés

Publié le par Michel Sorin

Déception des élus de Bretagne qui voulaient assouplir le « droit d’option »

 

Le 19 novembre 2014, les députés ont voté la carte des régions. Voir le site du quotidien breton Le Télégramme qui a rendu compte des débats et des votes des députés : Assemblée nationale. La carte des 13 régions votée.

La carte des 13 nouvelles régions a été adoptée cette nuit en deuxième lecture à l'Assemblée nationale après un débat passionnel marqué par deux enjeux. Des députés alsaciens n'ont pas réussi à faire rejeter la fusion avec Champagne-Ardenne et Lorraine. Ce jeudi matin, le droit d'option, qui permettrait à un département de se rattacher à l'une des nouvelles régions, était débattu.

Le 20 novembre, le même quotidien évoquait les débats sur le droit d’option. Voir Bretagne à 5 départements. L'assouplissement du droit du droit d’option rejeté.

(…) Des écologistes à l'UMP en passant par l'UDI, les bretons n'ont en effet pas réussi à reconstituer la "Bretagne historique" à cinq départements, en rattachant la Loire-Atlantique, enlevée par "décret de Vichy". Ils cherchaient donc dès ce matin à assouplir le "droit d'option", mécanisme prévu pour permettre à un département de changer de région une fois la nouvelle carte en vigueur en 2016. Le dialogue "à son terme" selon Cazeneuve Le dialogue est "allé à son terme", a plaidé le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, défendant notamment les choix de découpage au nom de la nécessité de donner aux régions la "taille critique" nécessaire face à d'autres régions européennes. La taille ne fait pas la puissance, ont objecté des députés de droite mais aussi de gauche, invoquant les cas des régions allemandes ou espagnoles. Observant qu'"aucune carte ne fera jamais l'unanimité" et affirmant que le gouvernement n'entend "ni heurter ni gommer les identités locales", le secrétaire d'Etat à la Réforme territoriale André Vallini a appelé à "faire enfin cette nouvelle carte des régions et cette réforme territoriale que les Français attendent".

(…) La fin de séance a également été très musclée entre le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, et François de Rugy, député écologiste de Loire-Atlantique. Après avoir expliqué que "se réfugier dans l'identité, c'est refuser d'être dans la pensée", Bernard Cazeneuve a demandé aux élus de choisir la voie de l'apaisement en proposant "de laisser le droit d'option ouvert" mais en souhaitant remettre le débat à plus tard. "Si nous faisons ce que souhaitent les Bretons, que va-t-il se passer ? Il y aura des tensions dans d'autres régions, comme les Pays de la Loire", a-t-il ajouté. Agacé par la formule sur l'identité et la pensée, François de Rugy a rétorqué au ministre que ce type de phrase ne tendait pas à l'apaisement, ajoutant très sérieusement : "Moi, je respecte votre jacobinisme". La tension entre les deux hommes ne date pas d'aujourd'hui. Bernard Cazeneuve l'a d'ailleurs rappelé en s'adressant directement à François de Rugy : "Je n'ai vu dans vos propos depuis des semaines que de la haine et de l'insulte aux commissures des lèvres", a-t-il lancé faisant référence à des propos du député écologiste à son égard après la mort de Rémi Fraisse à Sivens.

Mon avis d’ancien conseiller régional des Pays de la Loire 1998-2004 (j’ai participé à une réunion commune à Rennes, en 1998, des deux conseils régionaux de Bretagne et des Pays de la Loire)

Les députés, majoritairement, ont pris la bonne décision. Ceux qui veulent le rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne ont une position exclusivement identitaire et historique. Elle ne tient pas compte des réalités économiques d'aujourd'hui.

La solution, c'est de constituer une région Ouest Bretagne-Pays de la Loire, qui pourrait s'appeler Bretagne-Loire-Océan, dont la capitale serait Nantes, qui est la capitale économique et démographique (600 000 habitants dans l'aire urbaine Nantes-St-Nazaire) et la porte d'entrée de l'Europe en venant de l'océan atlantique. Le nom de Bretagne est essentiel en premier, car c'est la référence en matière d'identification géographique.

Cette solution est prête. Il ne manque que l'accord des élus bretons, qui ont peur des réactions des chantres de l'identité bretonne. Ceux-ci doivent comprendre que le seul moyen de rattacher la Loire-Atlantique à la Bretagne, c’est de réunir les deux régions, telles qu’elles sont, en faisant des deux capitales régionales, Nantes et Rennes, distantes de 100 km, le cœur de la future grande région Ouest, qui disposera de la ligne LGV Rennes-Paris (ce que voulait la Bretagne) et d’un grand aéroport à Notre-Dame-des-Landes (ce que voulait la région des Pays de la Loire).

Rappel (19 novembre) : Réforme territoriale : débat programmé le 26 novembre à Saintes (17)

Cet article est le 225ème paru sur le blog CiViQ et le 28ème, catégorie Collectivités Territoriales

 

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