Réseau CiViQ : la République doit se ressaisir, la France se redresser
Réseau CiViQ veut aider les citoyens à prendre leurs responsabilités dans la vie politique, à tous les niveaux de la vie publique, du bas vers le haut. Car les citoyens sont le fondement du système républicain. Nous sommes, collectivement, le souverain. Dans la République, nous avons pris - tous ensemble - la place qui était celle du roi.
En réalité, nous ne sommes pas vraiment en République. Nous sommes dans un système oligarchique, dans lequel une petite minorité, au niveau européen, contrôle le pouvoir politique sans en avoir reçu mandat du peuple. Le souverain n’est plus maître chez lui. C’est la confusion dans la République citoyenne de France.
Les citoyens sont déboussolés, désabusés. La gauche est en perte de repères, intoxiquée par le poison des politiques néolibérales. La France est contrariée par les engagements européens antérieurs qui entravent sa liberté de décision.
La République doit se ressaisir. La France doit se redresser, économiquement. Mais elle ne le peut pas. Elle n’en a plus les moyens. Le problème qui est posé est celui de la souveraineté démocratique, politique et économique, du pays. Elle a été confisquée au peuple.
Le drame démocratique s’est produit après la consultation des citoyens par référendum le 29 mai 2005. La construction européenne, telle qu’elle a été conduite, sur la base de traités reprenant les dogmes néolibéraux, devait être constitutionnalisée, ce qui revenait à la graver dans le marbre.
Les Français, à la majorité (plus de 54 %), ainsi que les néerlandais (Pays-Bas), ont refusé de ratifier le traité constitutionnel européen, qui avait été signé par tous les chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres de l’Union européenne.
Mais les gouvernants français et européens n’ont pas voulu prendre en compte les résultats du référendum, considérant que la question avait été mal posée et qu’il était impossible de donner une signification politique au NON des citoyens.
Les dirigeants français se sont ensuite autorisés à faire voter par le Parlement - réuni en congrès à Versailles en février 2008 - un nouveau traité, adopté par les chefs d’Etat et de gouvernement, à Lisbonne, en 2007. Ce texte reproduisait pour l’essentiel celui qui avait été invalidé par les peuples français et néerlandais. Il a été voté avec l’assentiment d’une partie des voix de l’opposition de gauche, optant pour l’abstention.
Le président de la République élu en 2007 avait indiqué, pendant la campagne électorale, son intention de choisir la ratification du futur traité de Lisbonne par la voie parlementaire. Il considérait, une fois élu, que les citoyens s’étaient prononcés favorablement sur ce traité en l’élisant à l’Elysée.
Le malaise citoyen français a, notamment, pour origine la politique économique imposée par les traités européens et par l’Allemagne, celle-ci ayant pris le contrôle de la politique de l’Union européenne, plus particulièrement des choix budgétaires et monétaires.
Les Français sont nombreux à être scandalisés par la non prise en compte du NON au référendum de 2005. Ils sont rejoints par des juristes qui mettent en doute le bien fondé démocratique de la décision des instances dirigeantes européennes et françaises.
La politique européenne étant de plus en plus contestée par les citoyens dans les différents pays membres de l’UE, et, plus particulièrement en France, il serait opportun que nos représentants au niveau national s’engagent à organiser un référendum afin de remettre le pouvoir entre les mains du collectif citoyen, seul souverain en République.
Dans le cadre du 10ème anniversaire du NON au traité constitutionnel européen, le 29 mai 2015, nous serons nombreux, avec Réseau CiViQ, à réaffirmer que le peuple français doit décider de l’Europe qu’il veut. Mobilisons nos forces citoyennes pour exiger un référendum.
Rappel : Rencontre CiViQ le 1er décembre 2014 à Saint-Berthevin avec David Cayla, professeur d’économie politique. Voir Rencontre de citoyens à Saint-Berthevin pour comprendre l'économie
Cet article est le 227ème paru sur le blog CiViQ et le 9ème, catégorie Civiq Orientations
