Conférence AFLEC : le Brésil face à la pauvreté et de nouveaux défis

Publié le par Michel Sorin

Une puissance économique au développement mal maîtrisé et contradictoire

 

Il y a un an, commençait la série de dix conférences aflec sur l’Union européenne. Voir AFLEC St-Berthevin : conférences du professeur Barrieu sur l’Europe (16 octobre 2013) et AFLEC Saint-Berthevin (Mayenne) : formation sur l'Union européenne (23 décembre 2013).

Cette année, avec le même professeur d’économie, Philippe Barrieu, une cinquantaine de personnes se sont inscrites à la nouvelle série de dix conférences 2014-2015 sur le thème « La croissance, ailleurs », c’est-à-dire, en Russie, en Chine, en Asie de l’est, en Inde, au Brésil, aux USA, en Indonésie, en Pologne et en Europe de l’est, en Afrique, celle qui peine et celle qui décolle.

Ont déjà eu lieu, les conférences concernant La Russie, La Chine, L'Asie de l'est, L'Inde

Le 10 décembre 2014, la 5ème conférence traitait du développement du Brésil. Voir Conférences d'économie politique la Conférence 5. Avec ce plan :

Brésil : Lula contre la pauvreté

Introduction* : Brésil : une croissance inégale

I) Le programme Bolsa familia

1 Les principes

2 Les résultats

3 Quelques limites

II) Le Brésil face à de nouveaux défis

1 L’investissement insuffisant

2 Une jeunesse à employer

3 La problématique éducative

Conclusion** : une croissance plus verte ?

* Introduction : Brésil : une croissance inégale

Le Brésil est une puissance économique en devenir, pétrie de contradictions.

La jeunesse de sa population, l’immensité de son territoire, la richesse de son sous-sol laissent entrevoir de très grandes possibilités économiques : le Brésil est devenu la 6° puissance économique mondiale et devrait le rester dans les années à venir.

Néanmoins, sa croissance économique reste très irrégulière, en fonction de la situation internationale, et le Brésil reste soumis à des tensions et des contradictions sociales très importantes : le PIB brésilien ne s’est accru « que » de 50% depuis 2000, loin des performances de la Chine et de l’Inde.

Les émeutes du mois de Juin et les tensions actuelles reflètent cette ambivalence de la situation brésilienne : d’un côté des perspectives, d’un autre côté beaucoup de blocages. Mais le Brésil est également un pays jeune qui ne s’est ouvert à la démocratie que depuis 1985.

** Conclusion : une croissance plus verte ?

Le Brésil semble donc engagé dans la voie du développement, malgré ses défis, et surtout dans la voie de la lutte contre la pauvreté, malgré les limites.

Le Brésil semble également comprendre de plus en plus l’intérêt de la préservation de l’environnement, après des années de gabegie environnementale.

La déforestation semble se calmer : après un pic en 1996 (presque 3 millions d’hectares de forêt détruits !) le Brésil est retombé à un rythme plus normal, compatible avec la régénération d’une partie de cette forêt : moins de 500 000 hectares en 2012.

Ceci se combine avec un net ralentissement du programme « éthanol » où la canne à sucre faisait office de carburant (au détriment de la culture vivrière). Mais il est vrai qu’entre temps, le Brésil a découvert au large de ses côtes d’immenses gisements pétroliers.

Le Brésil se lance néanmoins dans une agro industrie assez problématique, en particulier dans la culture du soja et dans la production de viandes de basse qualité, dont la Bretagne est victime.

Cette production s’appuie sur la faiblesse de la monnaie brésilienne, sur l’immensité du territoire et sur des coûts de main d’œuvre très bas. Tout ceci est sans doute bon pour la balance commerciale et l’enrichissement des firmes agro alimentaires exportatrices.

Mais cette agro industrie chasse également les petits paysans de leur terre, provoquant un exode rural massif qui gonfle la population des villes, la jeunesse désœuvrée, les favelas et leurs trafics, et oblige à maintenir un haut niveau de dépenses sociales.

Le Brésil n’est donc pas sorti d’affaires et son développement reste également en suspens. Le Président Lula a initié un partage des richesses, on peut espérer que son successeur, Mme Dilma Rousseff, initie, elle, un développement plus équilibré.

Cet article est le 243ème paru sur le blog CiViQ et le 24ème, catégorie Monde

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Publié dans Monde

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