L'Inde était au programme de la 4ème conférence AFLEC 2014-2015

Publié le par Michel Sorin

Des élites trop peu concernées par l’excès d’inégalités sociales et éducatives

 

Il y a un an, commençait la série de dix conférences aflec sur l’Union européenne. Voir AFLEC St-Berthevin : conférences du professeur Barrieu sur l’Europe (16 octobre 2013) et AFLEC Saint-Berthevin (Mayenne) : formation sur l'Union européenne (23 décembre 2013).

Cette année, avec le même professeur d’économie, Philippe Barrieu, une cinquantaine de personnes se sont inscrites à la nouvelle série de conférences 2014-2015 sur le thème « La croissance, ailleurs », c’est-à-dire, en Russie, en Chine, en Asie de l’est, en Inde, au Brésil, aux USA, en Indonésie, en Pologne et en Europe de l’est, en Afrique, celle qui peine et celle qui décolle.

La Russie était au programme de la 1ère conférence. Voir La Russie au programme de la 1ère des conférences Aflec 2014-15 (2)

La Chine était au programme de la 2ème conférence. Voir La Chine au programme de la 2ème conférence AFLEC 2014-2015 (2)

Les économies d’Asie de l’est étaient au programme de la 3ème conférence. Voir L'Asie de l'est au programme de la 3ème conférence AFLEC 2014-2015.

Le 26 novembre 2014, la 4ème conférence traitait du développement de l’Inde. Voir Conférences d'économie politique la Conférence 4. Avec ce plan :

Inde : quand les services ne suffisent pas

Introduction : l’Inde est-elle une future puissance ?*

I) L’Inde : un développement inégal

1 La fin du socialisme indien

2 Le développement par pôles

3 Le maintien de l’emploi informel

II) Les blocages structurels de l’Inde

1 La pauvreté et les inégalités

2 La dépendance industrielle

3 Le poids des traditions

Conclusion : un investissement éducatif à la traîne**

* Introduction : l’Inde est-elle une future puissance ?

 

L’Inde est aujourd’hui un pays qui inquiète plus par la puissance de ses quelques multinationales (Mittal, Tata…) que par ses promesses de croissance. Ces promesses étant souvent réservées à l’Asie de l’est. Pourtant, l’Inde a la seconde croissance économique la plus rapide des BRICS, sa part dans le PIB mondial est passée en 20 ans de 3% à près 2.8% en 2011, mais 7% si on raisonne en PPA.

Un élément montre que l’Inde a du mal à être considérée comme puissance : elle n’est pas membre du Conseil de sécurité de l’ONU, et si elle le devient, ce ne sera qu’à l’occasion d’une réforme profonde (et peu prévisible) de ce Conseil.

Cette interrogation sur le devenir de l’Inde tient en trois explications :

- le développement de l’Inde est plus récent que celui de la Chine : à partir de 1991, soit 10 ans après et il est aussi un peu moins rapide.

- la croissance de l’Inde, tout en étant moins rapide que celle de la Chine, parait très déséquilibrée : en particulier, l’Inde n’est pas encore considérée comme une puissance industrielle, et nous ne sommes pas sûrs qu’elle le devienne un jour.

- surtout, l’Inde est un pays traversé par plus de contradictions que ne semble l’être la Chine :

•C’est une démocratie, mais imparfaite et pas nécessairement très efficace dans un processus de développement

•La pauvreté de sa population semble beaucoup plus visible et criante que celle de la population chinoise

•Ses structures sociales et culturelles semblent plus handicapantes

** Conclusion : un investissement éducatif à la traîne

 

A partir de 1991, l’Inde a donc voulu se développer très vite, et sans doute trop vite, obsédée par la montée en puissance du voisin chinois, qui fut un adversaire militaire en 1962.

Pour ce faire, l’Inde a libéralisé son économie, au contraire du développement des économies d’Asie de l’est qui se sont développées sur une base étatique forte, à l’image de la Corée et de la Chine. Ce faisant, l’Inde a sans doute sous-estimé l’importance des dépenses sociales dans le processus de développement.

Ainsi, le système éducatif indien n’est performant que pour une minorité, certes très efficace, mais au détriment des autres. L’Inde ne consacre que 3% de son PIB à l’éducation (France : 7%), 1% à la santé, mais 6% à certaines subventions. Il n’y a alors que 60% des jeunes indiens à fréquenter le système éducatif secondaire (Chine 80%).

Cette relative absence de développement social peut également s’expliquer par le manque de moyens financiers. Mais quand il va s’agir de « remonter les filières », l’Inde risque de se retrouver « coincée » par le manque de personnel vraiment qualifié.

L’Inde risque alors de continuer à privilégier certains pôles porteurs (les services, la haute technologie dans certains domaines), certaines couches de la population, mais pas toute la population, au contraire.

Ce mode de développement est donc incertain : d’un côté, l’Inde nous fascine par ses nouveaux riches, sa croissance et son potentiel humain.

D’un autre côté, l’Inde nous laisse un peu sceptiques devant la persistance de la pauvreté et le relatif désintérêt de ses élites par rapport à ce problème.

L’Inde sera peut-être un jour une grande puissance, mais il n’est pas certain que les indiens, à la différence des chinois, en soient vraiment les principaux bénéficiaires.

Cet article est le 236ème paru sur le blog CiViQ et le 22ème, catégorie Monde

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Publié dans Monde

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