Conférence AFLEC : les USA durablement 1ère puissance mondiale

Publié le par Michel Sorin

La croissance revient aux USA mais les gains sont très inégalement distribués

 

Nous sommes environ cinquante, qui participons régulièrement à Saint-Berthevin (Mayenne) aux conférences aflec 2014-2015 avec le professeur d’économie, Philippe Barrieu, sur le thème « La croissance, ailleurs », c’est-à-dire, en Russie, en Chine, en Asie de l’est, en Inde, au Brésil, aux USA, en Indonésie, en Pologne et en Europe de l’est, en Afrique, celle qui peine et celle qui décolle.

Vous pouvez consulter les résumés des exposés présentés par Philippe Barrieu lors des cinq premières conférences, concernant La Russie, La Chine, L'Asie de l'est, L'Inde, le Brésil.

Le 7 janvier 2015, la 6ème conférence traitait des USA. Voir Conférences d'économie politique la Conférence 6. Avec ce plan :

Etats-Unis : le géant bouge toujours

 

Introduction* : le retour de la croissance ?

I) Les atouts des Etats-Unis

1 La domination technologique

2 La puissance financière

3 Le retour du pétrole

II) Les faiblesses des Etats-Unis

1 Une croissance à crédit

2 Le mystère de l’emploi

3 La fragilité industrielle

Conclusion** : le soft power

*Introduction : le retour de la croissance ?

 

Régulièrement, depuis le milieu des années 1960 on annonce le « déclin de l’empire américain ». Hier, les Etats-Unis devaient être dépassés par le Japon, aujourd’hui ils le seraient par la Chine. Si en effet le PIB chinois a bien dépassé le PIB américain, il ne s’agit « que » du PIB en parité de pouvoir d’achat, et la puissance économique n’est qu’un des composants de la puissance d’un pays.

Si on prend en compte la totalité des paramètres de puissance, à savoir l’économie, la technologie, la finance, le rayonnement culturel et diplomatique et la puissance militaire, rien ne nous permet de penser que les Etats-Unis perdront dans un avenir proche leur rang de 1ère puissance mondiale.

D’autant plus qu’après la sévère crise économique de 2009, dont ils sont d’ailleurs en grande partie à l’origine, les Etats-Unis renouent avec la croissance : elle devrait atteindre 4% en 2014.

Mais cette croissance ne profite pas à tous. Le problème de la répartition future des gains de croissance est au cœur des débats aux Etats-Unis : en particulier une partie de la défaite récente du Président Obama peut s’expliquer par la déception de son électorat « classe moyenne » face à ses conditions de vie.

** Conclusion : le soft power

 

Les Etats-Unis sont donc une économie dynamique, basée sur une très forte capacité d’innovations, et tirée par des services de qualité, en particulier des services financiers.

D’autant plus que les Etats-Unis disposent d’un autre atout : ils sont les leaders incontestés en matière de création culturelle, qu’il s’agisse de musique ou de cinéma, mais aussi de chaînes d’information : c’est ce que l’on appelle le « soft power ».

Cette suprématie culturelle procure au moins trois avantages :

- elle contribue à diffuser partout dans le monde un « American way of life » auquel une bonne partie des habitants de la planète a envie de s’identifier (et les jeunes chinois en particulier, ce qui renforce cette impression de domination américaine).

- elle permet la diffusion des produits d’origine américaine (boisson, aliments…) ce qui assure la suprématie des firmes et qui confirme la « suprématie » du modèle culturel américain. On se rappellera que si la Coca Cola Cie a acheté Disney, ce n’est certainement pas pour faire plaisir aux enfants !

- elle assure bien entendu des rentrées financières très importantes aux grandes compagnies cinématographiques, qui peuvent ainsi réinvestir.

Cette domination culturelle diffuse donc l’image d’un pays puissant, sûr de lui-même et de ses valeurs. De ce côté-là, ni la Chine, ni la Russie, ni les autres pays émergents ne peuvent rivaliser : si beaucoup d’habitants de la planète peuvent rêver de devenir américain ou de vivre comme un américain, bien peu rêvent de devenir chinois, russe ou indien.

On peut illustrer ce soft power par la domination du cinéma américain : en terme de quantités, le cinéma indien (« Bollywood ») produit davantage, et en terme de qualités, le cinéma français est souvent plus réputé et plus considéré. Mais le cinéma américain reste, et de loin, le plus regardé.

Cet article est le 253ème paru sur le blog CiViQ et le 26ème, catégorie Monde

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Publié dans Monde

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