OMC : pour sauver l'agriculture paysanne, changeons les règles actuelles
Une Lettre ouverte aux gouvernements réunis à Buenos Aires
La Conférence ministérielle, qui est l'organe de décision suprême de l'OMC, se réunit habituellement une fois tous les deux ans. Elle rassemble tous les Membres de l'OMC, qui sont tous des pays ou des unions douanières. La Conférence ministérielle est habilitée à prendre des décisions sur toutes les questions relevant de tout accord commercial multilatéral. Voir OMC | Conférences ministérielles
Du 10 au 13 décembre 2017, une conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce a lieu à Buenos Aires (Argentine). Le représentant de la France est le secrétaire d’État Jean-Baptiste Lemoyne.
Voir Participation de Jean-Baptiste Lemoyne à la 11ème conférence ministérielle de l'OMC
A noter que l’OMC est confrontée à de graves difficultés, suite à sa remise en cause par le président des USA.
Voir (Le Temps, 10 décembre 2017) : La croisade de Donald Trump pour tuer l'OMC.
Une initiative de Michel Buisson, Gérard Choplin et de Priscilla Claeys, est en cours de réalisation, dans le prolongement de la Lettre ouverte adressée au commissaire européen à l’agriculture. Voir (CiViQ, 19 juillet 2017) : PAC et développement : lettre ouverte de personnalités à Phil Hogan
C’est une Lettre ouverte aux gouvernements réunis à Buenos Aires à la conférence ministérielle de l’OMC. En voici le début.
Pour sauver l’agriculture paysanne,
changeons les règles actuelles du commerce international agricole
Alors que nous faisons face à des défis majeurs en termes de sécurité alimentaire, changement climatique et transition écologique, nos politiques agricoles restent formatées par des règles du siècle passé. C’est le cas en particulier des règles du commerce international agricole, adoptées à Marrakech en 1994 et qui ont conduit à la création de l’OMC en 1995.
Ces règles ont des effets destructeurs pour les paysanneries du Nord comme du Sud : industrialisation des modes de production, accaparement des terres, financiarisation de l’agriculture, dumping économique, social et environnemental. Elles renforcent le pouvoir des sociétés transnationales, imposent des techniques de production qui nuisent aux écosystèmes et elles dégradent les régimes alimentaires. Elles ruinent les exploitations paysannes, pourtant à même de nourrir correctement la population et de préserver durablement la planète.
Le bon sens voudrait que la priorité d’une bonne politique agricole soit de nourrir la population ; pourtant c’est plutôt la « compétitivité sur le marché international » qui sert aujourd’hui de moteur des politiques agricoles. L’Union européenne, par exemple, est ainsi devenue première importatrice et première exportatrice alimentaire mondiale. Faut-il en être fier ? Le haut degré de dépendance de l’agriculture et de l’alimentation vis-à-vis de l’extérieur nous laisse à la merci d’aléas géopolitiques et, par la multiplication de transports inutiles, contribue aussi au réchauffement climatique. Elle contribue aussi à maintenir les agricultures du Sud dans la position de producteurs de matières premières à bas prix (...).
Cet article est le 405ème paru sur le blog CiViQ - le 130ème en catégorie Agriculture Alimentation