Pays de la Loire : la majorité régionale face aux critiques de la gauche
Les coupes budgétaires et le positionnement politique de la présidente
La session du 19 juin 2025 du Conseil régional des Pays de la Loire a été marquée par le clivage fort entre la majorité, conduite par la présidente, Christelle Morançais - comprenant le groupe "Aimer et Agir pour les Pays de la Loire" et le groupe "Union Centriste", avec l'appui désormais du groupe "Démocrates et Progressistes" depuis le ralliement de François de Rugy - et les deux groupes d'opposition "Printemps des Pays de la Loire" et "L'Ecologie Ensemble". L'extrême droite, divisée et peu nombreuse, en est réduite à siéger parmi les "Non inscrits".
La radicalisation des débats date de la construction du budget 2025 - voir (CiViQ, 19 octobre 2024) Région Pays de la Loire : où trouver les 100 millions € d'économies ?
La session débute par les interventions des représentants des groupes politiques.
La présidente (Sarthe, vice-présidente du parti Horizons) déclare partir en guerre contre l'immobilisme, la France vivant la plus longue période de paralysie politique de la Vème République. Face à la dette, elle agit à son niveau.
Guillaume Garot, député PS de la Mayenne, a lancé la charge au nom du groupe "Printemps des Pays de la Loire". Fort endettement de la Région, absence d'un plan régional pour l'automobile, coupes budgétaires brutales qui ont choqué les citoyens. Avec, en plus, des références politiques à des personnalités telles que Musk, Trump et Stérin, qui placent la présidente à la droite de la droite et éloignent notre Région des valeurs de progrès qui font sa force.
Lucie Etonno (Vendée) a salué les jeunes présents dans les loges au nom du groupe "L'Ecologie Ensemble" et dénoncé le renoncement écologique dans les choix de la majorité, soulignant que la Région est celle qui, depuis dix ans, dépense le moins pour ses habitants.
Philippe Barré (Vendée, Union Centriste) a insisté pour que soit engagée la réforme systémique de l'école.
François de Rugy (Loire-Atlantique, Démocrates et Progressistes) a souligné la réalité du marché de l'automobile et le problème de la croissance, insuffisante.
Laurent Dejoie (Loire-Atlantique, vice-président) a critiqué ceux qui voudraient dépenser l'argent qui aura été économisé sur le budget 2025 (voir article Ouest-France, Claire Dubois, 18 juin) et considéré que l'endettement de la Région est principalement dû à la crise Covid et à l'héritage laissé par la gauche en 2016.
Constance Nebbula (Maine-et-Loire, groupe AAPL) a exprimé son inquiétude concernant la situation du pays, qu'elle voit au bord de l'asphyxie budgétaire. Les collectivités territoriales sont là heureusement. La filière automobile est un sujet européen.
Mahaut Bertu (Loire-Atlantique, Printemps PL) critique les coupes budgétaires aux associations culturelles.
Christelle Morançais se dit sidérée par les propositions de plan pour l'automobile car ce plan est en place. Elle reproche à Guillaume Garot d'être dans une bulle à l'Assemblée nationale. C'est à la nation d'accompagner la filière. La Chine le fait pour la filière électrique depuis dix ans. Il faut prendre à bras-le-corps les dépenses publiques, structurer l'éolien, favoriser la compétitivité des entreprises. Dire que Musk est un entrepreneur génial est compatible avec le fait de détester l'homme politique Musk. Même chose pour Trump. "Je combats les extrêmes. Vous avez été élus avec LFI, c'est une tache noire".
Ensuite, les dossiers sont examinés à l'initiative des vice-présidents chargés des commissions, qui sont récemment passées de 7 à 4, par des regroupements peu compréhensibles (voir Ouest-France, Claire Dubois et François Chrétien, 20 juin, "Comment financer les transports en commun ?" et "Des poules à 'automobile, des débats difficiles à suivre").
Cet article est le 613ème paru sur le blog CiViQ - le 74ème, catég. Collectivités Territoriales
Article paru le 23 juin 2025 sur http://civiq.over-blog.com
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