Le Plan : la baisse de la natalité en France est devenue structurelle

Publié le par Michel Sorin

Pour la première fois depuis la guerre, la population active décline

Clément Beaune, Haut-commissaire à la Stratégie et au Plan, a présenté, le 4 septembre 2025, la contribution de Maxime Sbaihi, économiste, pour la collection du Plan.

« Le Plan est depuis toujours un carrefour. Il publie ses propres travaux d’éclairage et doit aussi relayer des idées extérieures, librement portées par leurs auteurs. C'est l'esprit de la Collection du Plan, avec cette contribution sur le décrochage démographique français : une projection inédite de la « marée descendante », qui bouscule toute la société, de l’école au marché du travail, et doit nous faire tout repenser. »

« La baisse continue et marquée des naissances depuis plus d’une dizaine d’années fait basculer la France dans un nouveau régime démographique qui bouscule les perspectives économiques à moyen terme. Au-delà des maternités, la dénatalité est une marée descendante qui se fait déjà ressentir sur les bancs des écoles et des collèges, elle atteint aujourd’hui les lycées, demain l’enseignement supérieur et bientôt le marché du travail. Prise en étau entre une dénatalité qui va réduire les flux de nouveaux actifs et un vieillissement inédit avec ses départs massifs à la retraite, la population active s’apprête à se contracter pour la première fois depuis la guerre. »

La France rattrapée par une dénatalité devenue structurelle

Depuis 2011, les naissances vivantes en France baissent à un rythme qui s’est nettement accéléré à partir de 2015. En presque quinze ans, elles ont ainsi reculé de 22 % sur le territoire national après avoir augmenté de 9 % sur les quinze années précédentes. Loin de s’inverser, la tendance se poursuit en 2025 : à fin juin, les naissances vivantes ont baissé de 3 % par rapport à la même période l’année dernière. Parallèlement, les décès s’inscrivent en hausse de 3 % sur les six premiers mois de l’année sous l’effet du vieillissement de la population et avec l’arrivée des premières cohortes de baby-boomers (1945-1974) à des âges de plus forte mortalité. 

En glissement annuel, les courbes des décès et des naissances se croisent pour la première fois depuis la Deuxième Guerre mondiale. Le solde naturel, qui était encore très légèrement positif en 2024 (+17 000), devrait plonger en territoire négatif dès cette année – soit dix ans plus tôt que prévu dans les dernières projections démographiques de l’Insee.

Tous nos indicateurs de natalité sont orientés à la baisse. S’éloignant toujours plus du seuil de renouvellement des générations (2,1), l’indicateur conjoncturel de fécondité (soit le nombre d’enfants qu’aurait une femme tout au long de sa vie, si les taux de fécondité observés à chaque âge demeuraient inchangés) est passé de 2,03 en 2010 à 1,62 en 2024, son plus bas niveau depuis 1919 (...).

Téléchargez l'intégralité de la contribution de Maxime Sbaihi, économiste

Cet article est le 624 ème paru sur le blog Réseau CiViQ - le 86ème, catégorie France
Article paru le 05 septembre 2025 sur http://civiq.over-blog.com

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Insee : courbes des naissances et des décès en France 1995-2025

Insee : courbes des naissances et des décès en France 1995-2025

Publié dans France

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