Les intercommunalités 53 ont renouvelé leurs dirigeants en avril 2026

Publié le par Michel Sorin

L'analyse détaillée dans les 9 EPCI réalisée par Georges Poirier

Le 1er mai 2026, le journal numérique mayennais leglob-journal a publié un texte de Georges Poirier, précédemment adjoint au maire de Laval et ancien directeur départemental de Ouest-France. Il commente les élections qui ont eu lieu début avril dans les neuf intercommunalités de la Mayenne.

Les intercommunalités renouvelées : pas une simple formalité

Le troisième tour a bien eu lieu. Exemptée, seule en France, du second tour des municipales, la Mayenne a pourvu, durant la première quinzaine d’avril, à la gouvernance des neuf EPCI (établissements publics de coopération intercommunale). 447 conseillers communautaires, issus des nouveaux conseils municipaux élus le 15 mars, ont choisi neuf présidents et quatre-vingt-six vice-présidents. Nombre de candidatures furent pressenties lors de conférences des maires préalables et à huis clos. Mais le vote en séances publiques ne fut pas une simple formalité – Analyse

Peu de candidats ont frôlé l’unanimité. Aux enjeux de pouvoir se greffent des divergences personnelles, des clivages politiques et des équilibres territoriaux. Ici et là, il y a eu des duels imprévus et/ou une floraison de bulletins blancs. Car chaque poste fait l’objet d’un scrutin à bulletin secret. Les urnes ont circulé pendant de longues heures. Près de cinq heures pour Laval Agglo avec 27 scrutins (un président, quatorze vice-présidents, douze conseillers délégués) ; de même pour Mayenne communauté avec trente-neuf scrutins (un président, douze vice-présidents et vingt-six membres du bureau).

Trois présidents sortants ne se représentaient pas : Diane Rouland, ancienne maire du Ham (Communauté de communes (CC) des Avaloirs), Jacky Chauveau réélu à Bouère (CC de Meslay-Grez) et Bruno Lestas réélu à Désertines (CC le Bocage). S’y ajoutait Jean-Pierre Le Scornet, battu à la mairie de Mayenne et donc écarté de la présidence de Mayenne Communauté. Les cinq autres présidents ont été réélus, parfois au bout du suspense.

Pays de Craon : d’une voix seulement

Christophe Langouet, maire de Cossé-le-Vivien, a été réélu par vingt-neuf voix contre vingt-huit à Philippe Guiard, 1er adjoint de Craon. En 2020, deux voix les séparaient ! Équilibre fragile dans cette communauté de communes née en 2015 de la fusion de celles de Craon, Cossé et Renazé, trois pôles urbains. Comme en 2020, Philippe Guiard a obtenu une vice-présidence sans opposition et avec la présidence du centre intercommunal d’action sociale. En revanche, le premier vice-président sortant, Dominique Guineheux, maire de Saint-Quentin-des-Anges, a été battu par vingt-six voix contre trente-et-une à Clément Beucher, maire de Saint-Poix. Dominique Guineheux a retenté sa chance, en vain, pour deux autres vice-présidences. Le maire de Craon, Bertrand de Guébriant, comme en 2020, s’est tenu à l’écart, déléguant trois adjoints comme vice-présidents de la CC. Insolite : le plus jeune maire du département, Alexandre Pelluau Bianchi (Renazé), 29 ans, devient vice-président comme celle qu’il a battue le 15 mars, Dorinne Balloche qui conserve sa vice-présidence précédente.

Les Avaloirs : l’unique présidente

Une femme remplace une femme. Diane Rouland voit donc lui succéder Fatiha Idri Huet, élue par vingt-trois voix contre vingt-et-une à Eric Brehin, nouveau maire de Villaines-la-Juhel. Seconde adjointe à Saint-Pierre-des-Nids, Fatiha Idri Huet était déjà troisième vice-présidente de la Communauté de communes du Monts des Avaloirs. Elle reste la seule femme présidente d’une intercommunalité mayennaise et, de plus, l’unique présidente non maire. Pour la seconde fois consécutive, la ville principale Villaines-la-Juhel est écartée de la présidence et sera représentée au bureau communautaire par un conseiller municipal. Le poids des petites communes et des animosités territoriales semblent peser car sept vice-présidents sur neuf ont obtenu moins de trente-cinq voix.

Pays de Meslay-Grez : une première

Pour succéder à Jacky Chauveau, maire de Bouère, une seule candidature pour la présidence, celle de Jean-Marc Poulain, nouveau maire de Meslay-du-Maine (déjà maire de 2017 à 2020). Il a obtenu vingt-cinq voix contre huit restées fidèles à Jacky Chauveau, deux à Sylvain Rousselet, nouveau maire du Bignon-du-Maine et un blanc. C’est la première fois que le maire de la ville-centre préside la communauté de communes. Nonobstant l’abstention de Jacky Chauveau, une huitième vice-présidence a été créée. Les huit ont été élus « sans faire l’unanimité », dit-on pudiquement. Deux adjoints de Meslay ont été challengés par une élue de Bouère. Sylvain Rousselet devient premier vice-président ; il est aussi conseiller départemental depuis 2011 avec, comme suppléant, le maire de Meslay de l’époque, Christian Boulay, qui avait battu un an avant Jean-Marc Poulain !

Laval Agglo : pas de duel mais un bloc blanc

Pas de surprise : Florian Bercault, unique candidat pour la présidence. Fort de sa large victoire du 15 mars, en tête dans tous les bureaux de vote, ce qui a révélé sa popularité dans les quartiers lavallois. Évanouies les velléités d’une autre présidence. Olivier Richefou, virtuel postulant durant la campagne, est demeuré muet durant le conseil communautaire où il siège désormais comme élu de la ville de Changé. Deux interventions préalables avant le vote : celle du maire de Saint-Berthevin Yannick Borde en quête depuis des années d’un poste sur mesure et à sa hauteur et celle du maire de Bonchamp Gwenaël Poisson favorable à une délégation pour chaque commune. En filigrane, une sorte d’explication de vote (blanc) sans annoncer la couleur. Résultat : cinquante-six voix pour Florian Bercault et dix-neuf bulletins blancs.

Le décryptage a été vite fait par les conseillers communautaires : Florian Bercault a notamment rassemblé les voix des vingt-cinq élus de la majorité lavalloise et des vingt-huit élus légitimistes des petites communes. Les blancs émanent logiquement des six opposants lavallois dont une partie avaient donné pouvoir à des élus de Bonchamp et d’Argentré, plus des élus de trois ou quatre communes de la première couronne, politiquement à droite, comme L’Huisserie. Un bloc blanc, à l’évidence concerté, qui est réapparu à chaque candidature lavalloise (Quatre vice-présidents sur quatorze et cinq conseillers délégués sur douze) avec une moyenne de vingt bulletins blancs.

Outre ce quasi ostracisme anti-lavallois, le bloc blanc s’est manifesté contre trois autres vice-présidents : la première, Isabelle Fougeray, maire de la Chapelle-Anthenaise et suppléante du député Guillaume Garot (Cinquante-cinq voix, vingt blancs) ainsi que les maires de Port-Brillet et de Montflours. Un ciblage indéniablement politique. A l’inverse, lorsque furent présentées à la vice-présidence des candidates comme la nouvelle maire de Changé ou la première adjointe de L’Huisserie, la majorité lavalloise a joué le jeu communautaire sans multiplier les bulletins blancs. Au final, à Laval Agglo, il n’y a eu aucun duel frontal, comme dans d’autres EPCI, et pour la première fois une parité totale pour les vice-présidences.

Mayenne Communauté : l’imposant bureau

Pas moins de dix duels pour renouveler le président et les douze vice-présidents. Après avoir défait Jean-Pierre Le Scornet à la mairie de Mayenne, Adrien Mottais lui succède à la tête de la communauté de communes. Il a glané trente-huit voix contre dix-neuf (et un blanc) à Antoine Valpremit, maire de Sacé et premier vice-président sortant. Seuls trois des douze vice-présidences n’ont pas fait l’objet de duels mais ont collecté sept à neuf bulletins blancs. Lors des duels, les vice-présidents élus ont obtenu de trente-et-un à quarante-et-une voix et les opposants de dix-sept à vingt-quatre voix.

S’il n’y plus que quatre élus de gauche de Mayenne à siéger au conseil communautaire, le décompte des voix montre à l’évidence des réticences au sein de la communauté par rapport à la nouvelle gouvernance. Il va falloir du doigté pour animer un bureau imposant car il est de tradition, à Mayenne Communauté, d’associer tous les maires comme « membres du bureau » et non comme conseillers délégués. D’où vingt-six tours de scrutin supplémentaires pour élire vingt-six « membres » dont vingt-et-un maires et, parmi eux, Antoine Valpremit.

Pays de Château-Gontier : une double parité

Philippe Henry, maire centre droit de la ville-centre, a été reconduit à la présidence sans souci. Éventail politique maintenu avec la réélection également de la première vice-présidente, Marie-Noëlle Tribondeau, maire de Bierné-les-Villages et secrétaire départementale du PS. La parité femmes-hommes, instituée dès 2020, est confirmée pour les huit vice-présidences. Philippe Henry a proposé une autre parité, territoriale, avec quatre vice-présidences pour l’agglomération castrogontérienne et quatre pour les communes rurales. Cette proposition, ratifiée par les votes, n’a pas empêchée un grain de sable. Par huit fois, Dominique Landais, maire de Gennes-Longuefuye, s’est présenté sans succès, obtenant jusqu’à cinq voix, pour exprimer le mécontentement des conseillers ruraux : sa commune n’a plus qu’un représentant au conseil communautaire au lieu de deux.

Les Coëvrons : on l’appelle la 3C

La communauté de communes des Coëvrons a réélu à sa présidence le maire d’Evron Joël Balandraud par quarante-six voix contre une à Régis de Coniac, son nouvel opposant local, et quatre blancs. Premier vice-président : Alain Suard, Premier adjoint d’Izé et expert-comptable de métier, qui prend en charge la performance publique, les finances et les ressources humaines. Les maires de Bais, Montsûrs et Sainte-Suzanne figurent parmi les onze vice-présidents élus. Deux nouveaux maires, Pascal Chanteau, maire de La Chapelle-Rainsouin, et Steve Morainvillers, maire de Champgenéteux, ont tenté, sans succès, de défier des vice-présidents proposés, obtenant dix-sept et treise voix. Le nombre de conseillers délégués a été réduit de trois à un.

L’Ernée : une irrégularité constatée

Duel pour la présidence entre le sortant Gilles Ligot, maire de Vautorte, et Stéphane Bigot, élu d’Ernée. Cet ancien adjoint de la ville-centre a vu sa liste devancée le 15 mars par celle Régis Brault, conseiller délégué, par 48% contre 52%. Pour la présidence de la CC, Gilles Ligot a réuni vingt-cinq voix contre quatorze à Stéphane Bigot et deux votes blancs. Régis Brault a été élu 2e vice-président avec trente-deux voix contre sept à Emilie Godeau, adjointe de Chailland. Pour la 4e vice-présidence, Sandrine Crottereau-Ragaru, maire de St-Hilaire-du-Maine a battu, par vingt-cinq contre quinze, Annick Guillaume, élue d’Ernée (liste Bigot). La 6e vice-présidence a nécessité trois tours de scrutin, très serrés, en faveur de Stéphane Bigot contre Bruno Rouland, maire d’Andouillé. Tollé dans la deuxième ville de la CC, ainsi écartée du bureau communautaire. Saisie, la préfecture a constaté une irrégularité dans le calcul de la majorité absolue lors du premier tour. La Communaute de commune du Pays de l’Ernée espère une solution à l’amiable et envisage un quatrième tour.

Le Bocage mayennais : le nombre de vice-présidents en débat

Premier vice-président sortant et maire de la principale ville du territoire, Ambrières-les-Vallées, Guy Ménard succède à Bruno Lestas qui ne se représentait pas et dont il était le bras droit. Guy Menard a collecté trente-cinq voix sur quarante-deux (Quatre blancs, deux nuls et une voix pour Franck Barascud, maire de Saint-Ellier-du-Maine). Ce dernier a proposé, en vain, de passer de six à neuf vice-présidents, comme la loi le permet. Hormis le premier vice-président Jean-Paul Juin, maire de Fougerolles-du-Plessis (quarante-et-une voix), les cinq autres vice-présidents ont obtenu entre trente-et-un et trente-huit voix. « Amer d’être le seul à apporter du débat », Franck Barascud s’est présenté pour les postes cinq et six, obtenant respectivement trois voix et neuf voix.

Cet article est le 687ème paru sur le blog Réseau CiViQ - le 98ème, catég. Collectivités Territoriales

Article paru le 16 mai 2026 sur http://civiq.over-blog.com

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Les 9 intercommunalités - établissements publics de coopération intercommunale - en Mayenne (Wikipédia)

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